Skip to content
Rechercher

News & opinion

17 DÉC. 2018

Intrapreneur vs. Entrepreneur: réinventons nos métiers

Voici les principaux enseignements de la Master Class organisée au SIMI par la RICS en France

Animée par Alexandra Emery MRICS, Country Manager de la RICS en France, cette Master Class portait sur l’évolution des métiers de l’immobilier alors que les innovations explosent et bousculent en profondeur les modèles du secteur.

Des métiers en pleine mutation

En profonde mutation, les secteurs de la construction et de l’immobilier s’ouvrent rapidement à l’innovation, notamment dans le secteur du bâtiment, de la promotion et de la gestion d’actifs immobiliers. La généralisation du BIM joue, à ce titre, un rôle de premier plan, au même titre que l’Intelligence Artificielle dans l’Asset management qui automatise de nombreuses tâches. Le Property manager devrait lui aussi évoluer vers un rôle d’animateur au service des utilisateurs de l’immeuble, comme l’indique Chloé Rayssac MRICS, co-fondatrice et présidente de la start-up Bazimo. Après un démarrage de carrière dans l’Asset management, elle découvre avec étonnement les nombreuses tâches manuelles chronophages et facilement automatisables qui ponctuent le quotidien du métier de Property manager. Elle décide alors de créer sa start-up, afin de libérer le professionnel des tâches répétitives au profit d’un accroissement de la qualité du service rendu. Deux ingénieurs Logiciel la rejoindront dans l’aventure. Les professionnels ou futurs professionnels doivent donc se préparer à ces métamorphoses. L’adaptation des cursus d’enseignement supérieur et des formations professionnelles joue un rôle essentiel à ce titre.

Des formations et un accompagnement adaptés

L’ESTP Paris a inauguré en janvier 2018 une nouvelle option « Entrepreneuriat » ouverte aux étudiants de troisième année du cycle ingénieur. Alors qu’un tiers des étudiants souhaitent créer leur entreprise, seule une infime minorité ose passer le pas. Pour Jean-Philippe Etienne, Directeur du développement et des Relations Entreprises de l’école, l’ambition de ce programme est de fournir les clés qui permettront aux élèves de créer leur start-up dans de bonnes conditions, de reprendre une entreprise, ou encore de d’intégrerun groupe dans le cadre d’un programme d’intrapreneuriat.

Depuis son arrivée chez Icade en qualité de responsable de l’Open Innovation, Nicolas Bellego, s’est, pour sa part, efforcé d’améliorer la structuration du groupe afin de stimuler l’innovation auprès des salariés et des candidats. La mise en place d’un Innovation Graduate Program de 18 mois permet d’offrir un CDI à de jeunes étudiants, leur permettant de travailler sur un projet innovant en binôme avec un porteur de projet salarié d’Icade. Celui-ci peut aboutir à la création d’un nouvel outil ou service dédié aux métiers du groupe ou pour les clients d’Icade, ou à la création d’une start-up, à l’image de CYCLE UP qui est un projet co-financé par ICADE et EGIS Conseil Bâtiment.Le déploiement d’une nouvelle Business Unit est aussi une opportunité d’intrapreneuriat offerte par le groupe ; c’est ainsi qu’est née l’actuelle Business Unit Santé d’Icade, initiée à l’origine par un intrapreneur du groupe. Icade consacre le budget de 2 millions d’euros pour financer l’intrapreneuriat et les projets en phase d’amorçage du groupe.

Le rôle pivot des RH et des groupes

Si les compétences techniques des ingénieurs constituent un élément différenciant déterminant dans la réussite des projets innovants, cela est loin d’être suffisant. La maîtrise de « softs skills » - analyse des attentes utilisateurs et des usages, négociation commerciale, motivation...- s’avère tout aussi essentielle. Le programme de l’ESTP intègre de nombreux modules sur ce thème. De même, Nicolas Bellego a co-construit son programme innovant en lien étroit avec le service des ressources humaines d’Icade. Il s’agit d’ouvrir le groupe à des profils davantage portés sur l’innovation, de former puis d’accompagner les salariés dans cette démarche, de créer des lieux propices à cette dynamique. La création de l’Open Lab d’Icade, un lieu dédié au projet intrapreneuriat et à l’innovation, incitent l’ensemble des salariés à innover, et à collaborer avec des start-ups. Cet environnement est propice à la créativité et rompt avec la classique difficulté des grands groupes à faire collaborer des métiers différents.

De l’idée à l’industrialisation du concept

Selon Nicolas Bellego, la difficulté des intrapreneurs et entrepreneurs n’est pas d’initier le projet, ni de financer son amorçage mais d’identifier des porteurs de projets efficaces, capables de s’impliquer et de porter le projet en dépit de toutes les difficultés. De même, la réussite d’un projet innovant tient moins à l’idée qu’à la capacité à la transformer en projet viable. Nicolas Bellego constate d’ailleurs que les grands groupes se sont ouverts ces dernières années aux collaborations avec les starts-ups. Ils collaborent ensemble pour tester et perfectionner des solutions innovantes dans des conditions réelles. Une fois le « Proof of Concept » validé, le groupe peut jouer un rôle clé pour accompagner la start-up dans l’industrialisation de son service et changer d’échelle.

Loin d’être un long fleuve tranquille, un projet innovant est un processus complexe qui offre à ses fondateurs d’importants enseignements et une certaine fierté à transformer nos métiers et notre industrie.